Vanessa Desclaux et Agnès Geoffray - Elles obliquent. Elles obstinent. Elles tempêtent

Publié le 18 Janvier 2026

Vanessa Desclaux et Agnès Geoffray - Elles obliquent. Elles obstinent. Elles tempêtent

Résistance à la silenciation

Vagabondes. Déviantes. Vicieuses.

Elles sont trop pour une société qui leur veut peu.

Le corps féminin contrôlé, maté, mis dans le rang.

Une justice genrée pour « préserver » la société.

Une justice livrée souvent sans preuves.

Enfermées pour « préserver » une société malade, obsédée par l’ordre social et ce qui concerne la sexualité.

Qui est finalement déviante ? Ces jeunes filles ou cette société ?

Enfermées car femmes. Enfermées car pauvres bien souvent aussi.

Enfermées pour cacher les violences sexuelles, les violences intrafamiliales.

Enfermées pour fermer les yeux.

Tout au long du XIXe siècle et pendant une grande partie du XXe siècle, des jeunes filles considérées comme des menaces sont mises dans des « écoles de préservation ».

Dans ces prisons qui n’en ont pas le nom mais en ont la forme, ces jeunes filles aspirent à des formes de liberté, d’indépendance.

Elles obliquent. Elles obstinent. Elles tempêtent.

Vanessa Desclaux raconte ces injustices de genre, ces injustices de classe, ces révoltes et ripostes à partir d’archives des « écoles de préservation » de Cadillac, Doullens, Clermont de l’Oise. Elle convoque aussi les travaux des historiens et les textes d’auteurices. Ces documents viennent ensuite dialoguer avec les œuvres photographiques d’Agnès Geoffray, des œuvres fictionnelles pour représenter ce qui manque dans les documents : de la chair, des visages, un langage à ces jeunes filles silenciées.

Un magnifique livre que je conseille à tous tant pour la beauté de l’objet que pour ce qu’il dénonce et réhabilite.

Vanessa Desclaux et Agnès Geoffray - Elles obliquent. Elles obstinent. Elles tempêtent
Vanessa Desclaux et Agnès Geoffray - Elles obliquent. Elles obstinent. Elles tempêtent
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Vanessa Desclaux et Agnès Geoffray - Elles obliquent. Elles obstinent. Elles tempêtent

Publié dans #Art

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L
je suis toujours très sensibles à ce sujet je regarderai volontiers ce livre . La photo de couverture est étonnante.
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Les photos sont très belles.
K
Je me demande si l'héroïne du dernier livre de Jaenada n'était pas concernée par ces lieux? <br /> Et Albertine Sarrazin a été à Doullens
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Ah je n’ai pas fait attention au dernier Jaenada. Et oui, le livre parle d’ailleurs aussi d’Albertine Sarrazin.
A
De tout temps on a enfermé et tué des femmes qui manifestaient trop de personnalité. Aujourd'hui où la parole commence à vraiment émerger, je me sens parfois écrasée par l'ampleur du phénomène. Il y a un certain nombre d'années, j'ai lu "les folles de la Salpêtrière", petit livre de Makhi Xenakis, couplé à une exposition de scupltures à la chapelle de l'Hôpital de la Salpêtrière à Paris. C'était très frappant.
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Je ne connais pas ce livre mais il me semble qu’il y a eu un roman de Victoria Mas sur les « folles de la Salpêtrière ». En tout cas, il est vrai qu’on en parle de plus en plus.