Publié le 18 Janvier 2026
Résistance à la silenciation
Vagabondes. Déviantes. Vicieuses.
Elles sont trop pour une société qui leur veut peu.
Le corps féminin contrôlé, maté, mis dans le rang.
Une justice genrée pour « préserver » la société.
Une justice livrée souvent sans preuves.
Enfermées pour « préserver » une société malade, obsédée par l’ordre social et ce qui concerne la sexualité.
Qui est finalement déviante ? Ces jeunes filles ou cette société ?
Enfermées car femmes. Enfermées car pauvres bien souvent aussi.
Enfermées pour cacher les violences sexuelles, les violences intrafamiliales.
Enfermées pour fermer les yeux.
Tout au long du XIXe siècle et pendant une grande partie du XXe siècle, des jeunes filles considérées comme des menaces sont mises dans des « écoles de préservation ».
Dans ces prisons qui n’en ont pas le nom mais en ont la forme, ces jeunes filles aspirent à des formes de liberté, d’indépendance.
Elles obliquent. Elles obstinent. Elles tempêtent.
Vanessa Desclaux raconte ces injustices de genre, ces injustices de classe, ces révoltes et ripostes à partir d’archives des « écoles de préservation » de Cadillac, Doullens, Clermont de l’Oise. Elle convoque aussi les travaux des historiens et les textes d’auteurices. Ces documents viennent ensuite dialoguer avec les œuvres photographiques d’Agnès Geoffray, des œuvres fictionnelles pour représenter ce qui manque dans les documents : de la chair, des visages, un langage à ces jeunes filles silenciées.
Un magnifique livre que je conseille à tous tant pour la beauté de l’objet que pour ce qu’il dénonce et réhabilite.
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