Goliarda Sapienza - L'art de la joie
Publié le 21 Avril 2025
Abandon
Il est arrivé exactement ce que je craignais : la lecture de ce roman n’a pas été à la hauteur de mes attentes. Ces attentes étaient grandes car je crois n’avoir lu que de bonnes critiques sur ce roman. Les avis négatifs existent sans aucun doute mais ils m’ont échappé.
Après un début prometteur, je me suis lassée et j’ai fini par abandonner le livre à la moitié, ce qui représente tout de même 400 pages.
Avant d’expliquer cet abandon, venons-en à l’histoire.
Ce roman est celui de la vie de Modesta, née le 1er janvier 1900 en Sicile dans une famille pauvre et incestueuse comme nous le découvrons rapidement. D’ailleurs, il faut moins de cinquante pages pour avoir à la fois de la pédophilie et du meurtre. Mais malgré tout, je suis bien entrée dans le livre. Nous suivons ensuite l'enfance de Modesta dans un couvent, avant qu’un sacré coup de pouce au destin ne l’amène dans une riche demeure où elle va s’imposer.
Roman initiatique, nous voyons la jeune mais déterminée Modesta faire sa place dans un monde qui ne voulait pas lui en donner une, avec une soif de liberté inébranlable.
Venons-en maintenant aux faits.
Je me suis fait ch… au bout d'une centaine de pages. Modesta est une femme à forte mais plutôt antipathique. Ça ne m’aurait pas dérangé – je n’aime pas les personnages lisses – si l’histoire n’était pas devenue longue à lire. Car si Modesta prône la liberté, cette dernière a un sacré goût d’ennui.
Je pense que la façon d’écrire de Goliarda Sapienza n’est pas étrangère à mon ressenti. J’ai trouvé le livre plutôt mal écrit (ou mal édité ? – le livre a été publié après sa mort). Le roman est composé majoritairement de dialogues pas forcément bien faits (écrire des dialogues est difficile). Le chapitrage est curieux, il ne suit pas forcément le séquençage de l’histoire alors que nous sommes pourtant dans un récit linéaire. Les scènes d’amour sont décevantes, lyriques à l’excès. On dirait du Albert Cohen avec le talent de ce dernier en moins. Enfin, sûrement dans l’envie de creuser l’idée de liberté, Goliarda Sapienza prend des libertés avec la structure de son récit, n’hésitant pas à insérer des répliques comme au théâtre. Le problème, c’est que ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. L’ensemble manque ainsi de cohérence.
Cette volonté de liberté sans entraves, quel que soit le prix ne m’étonne pas trop pour son époque d’écriture, entre la fin des années 60 et le début des années 70.
Si j’ai persisté autant dans ma lecture, c’est que je me doutais qu’avec la vie de Modesta, j’allais traverser les grands événements du 20e siècle en Italie. Mais, là encore, l’insertion de la grande Histoire dans la petite histoire s’est avérée superficielle.
Je suis sans doute très sévère, ma critique est amplifiée par la déception ressentie à la lecture. Si ce livre a été une révélation pour beaucoup de gens, j’en suis ravie, cependant moi j’avoue ne pas comprendre l’engouement autour de ce roman.
Je sais également que je n’ai lu que la moitié du livre ; j'ai peut-être loupé des choses importantes dans la suite de l’histoire mais franchement, 400 pages d'ennui, c'est trop pour moi.
Pour une fois, je vous livre une critique négative. En général, je ne m’embarrasse pas avec les livres que je n’ai pas aimés. Mon temps est trop court et précieux pour le perdre à chroniquer les déceptions. Mais, là, tout de même, ça m’a suffisamment interloquée pour en dire quelques mots…
Ce roman était censé être mon pavé printanier, dans le cadre des Quatre saisons de pavés de Moka Milla.
Traduit de l'italien par Nathalie Castagné.
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