Hélène Dorion - Pas même le bruit d'un fleuve

Publié le 23 Août 2025

Hélène Dorion - Pas même le bruit d'un fleuve

Où que l’on soit, un ruisseau rejoindra la rivière où court le présent, un fleuve et un océan finiront par emporter nos absents, ils laissent s’écouler le temps et nos histoires.

Le cours fragmenté des vies

2018. Hanna perd sa mère Simone. Alors qu’elle vide ses effets personnels, elle retrouve des lettres, des cahiers et des articles de presse. Hanna ne se doute pas que cette découverte va la plonger dans le passé d’une mère qui a perdu le grand amour de sa vie mais aussi dans un drame survenu en 1914 : le naufrage de l’Empress of Ireland.

Dans Pas même le bruit d’un fleuve, titre tiré d’un vers d’Yves Bonnefoy, Hélène Dorion livre une quête familiale d’une grande sensibilité et poésie. Le fleuve Saint-Laurent est le fil rouge de ce récit qui alterne les temporalités (2018, fin des années 40/début des années 50, 1914). Nous remontons ainsi le fil familial tout en descendant le fleuve de Montréal à Pointe-au-Père en passant par Québec et Kamouraska. Les événements survenus à sa mère Simone mais aussi à sa grand-mère Eva vont s’enchevêtrer, tisser un voile sombre sur la famille dont Hanna est devenue malgré elle l’héritière.

L’écriture est fragmentée comme les photos retrouvées. Il faut trier, classer pour retrouver l’histoire qu’elles racontent. Cette fragmentation permet également de mettre en avant les blancs, les silences des femmes de cette famille.

L’autre aspect intéressant du roman est la place que l’art peut prendre dans nos vies : peut-il nous sauver de nos tragédies, de nos naufrages personnels ? C’est ce qu’Hélène Dorion aborde à travers Hanna, une écrivaine qui cache pourtant ses poèmes et à travers sa meilleure amie Juliette, artiste peintre.

La relation entre Hanna et Juliette puise sans doute ses racines dans la relation que la romancière/poétesse a avec sa propre sœur qui œuvre dans les arts visuels.

Encore un bien joli roman de la part de cette autrice qui émerveille autant en prose qu’en vers.

L’art est une façon d’éclairer les contours du monde qui restent flous.

Publié dans #Roman

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Acheté et lu dans la foulée après une rencontre avec Hélène Dorion au Festival de Laval il y a un ou deux ans... J'avais beaucoup aimé cette prose au fil de l'eau et des souvenirs. M'étais promis d'essayer sa poésie mais décidément je peine dépasser mon blocage.
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Pas simple la poésie surtout si on en lit peu en général. Mais bon, comme on dit, l'appétit vient en mangeant LOL<br /> En tout cas si tu comptes un jour lire un de ses recueils, il faut lire Mes forêts.