Shirley Jackson - La maison hantée

Publié le 27 Octobre 2025

Shirley Jackson - La maison hantée

Aucun organisme vivant ne peut demeurer sain dans un état de réalité absolue

Hantise ou folie ?

Grand classique de la littérature néo-gothique et fantastique contemporaine, il était temps que je découvre cette Maison hantée (en anglais, The Haunting of Hill House), acclamée par le grand Stephen King.

Hill House est un manoir construit il y a près de quatre-vingt ans au moment du récit. Les premiers habitants de cette maison ont eu des destins particuliers, au point que la demeure est devenue persona non grata dans la région : « Les gens partent d’ici », « Ce n’est pas un endroit où on vient ». Seul le couple Dudley s’occupe de l’entretien de la maison mais les deux individus n’oublient pas de rentrer chez eux avant la tombée de la nuit.

Le docteur Montague, un anthropologue, veut séjourner quelques jours dans le manoir pour prouver l’existence d’éléments surnaturels. Pour l’aider dans sa tâche, il convie trois personnes ayant connu, d’une façon ou d’une autre, une expérience avec le paranormal. Nous avons Luke Sanderson, le jeune héritier de la maison, Theodora, une artiste et Eleanor, une jeune femme qui a soigné pendant de nombreuses années sa mère avant de s’installer chez sa sœur après le décès.

À leur arrivée, la maison semble normale même si une drôle de sensation les assaille. Cependant, progressivement, des phénomènes se produisent et vont surtout se concentrer sur Eleanor…

Autant vous le dire tout de suite, j’ai été un peu déçue par ce livre même si je lui trouve des qualités.

Shirley Jackson dresse son décor petit à petit en nous faisant découvrir ses personnages dans leur quotidien, leur banalité. On sent que le but est de nous rendre les personnages attachants, comme dans les romans de Stephen King. Le souci, c’est qu’il n’y en a pas un qui trouve vraiment grâce à mes yeux. Je n’ai pas réussi à avoir de l’émotion avec eux. Je n’ai pas non plus trouvé crédible la façon dont le docteur Montague a réussi à trouver ses comparses et à les convaincre de venir dans la maison.

Quand la femme du Dr Montague est arrivée, personnage imbuvable mais intéressant car elle est passionnée par le paranormal, j’espérais un peu du remue-ménage mais rien : ce personnage semble ne servir qu'à faire diversion.

Je reconnais malgré tout le talent de Shirley Jackson pour nous envelopper d’une atmosphère creepy.

La maison hantée ne porte pas bien son titre car on se rend vite compte que ce n’est pas la maison qui est hantée mais la maison qui hante… à moins que ce ne soit la folie qui s’empare de la jeune Eleanor, plus réceptive que les autres aux phénomènes et surtout dans un état psychologique fragile. Nous ne savons pas par moments si nous sommes face à la réalité ou face au délire de la maison et/ou du personnage et c’est pour moi le gros point fort du roman. Il n’empêche que l’on devine trop facilement et rapidement la fin.

Même si je suis un peu déçue, je ne suis pas mécontente d’avoir enfin découvert cette autrice et je compte bien la relire pour mieux découvrir son univers.

Traduit de l’anglais par Dominique Mols et révisé par Fabienne Duvigneau.

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M
Je ne connaissais pas l'autrice et encore moins ce titre mais vous êtes deux à avoir jeté votre dévolu sur elle. Voilà qui m'intrigue, bien que tu ne sois pas totalement convaincue par ta lecture. C'est marrant, en passant par ma librairie ce matin, je suis tombée sur un poche convoquant ce thème qui aurait pu me tenter bien qu'il ne soit pas un classique. (La Maison idéale de Kate Collins)
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Je ne connais pas du tout le Kate Collins, je vais regarder ça à mon prochain passage en librairie (demain au moment où j'écris ces lignes lol).
L
Dommage pour le non-attachement aux personnages, c'est aussi quelque chose qui peut "gâcher" une lecture (même si ça dépend des romans). À ce niveau-là, je n'ai rien à lui reprocher avec Nous avons toujours vécu au château : j'ai totalement investi les personnages principaux ! C'est donc un point que je vais redouter quand je lirai celui-ci...<br /> En revanche, peut-être que tu pourrais faire des reproches similaires à mon titre dans le sens où l'une des révélations ne l'est qu'à moitié. Ça ne m'a pas dérangée car elle reste bien amenée et concourt à l'atmosphère troublante du roman, mais peut-être serais-tu plus exigeante que moi.<br /> Il y a effectivement des points communs, notamment dans le flou entretenu dans les deux romans, sans être tout à fait le même car Nous avons toujours... n'est pas un roman fantastique.<br /> Quoi qu'il en soit, si tu choisis de lire Nous avons toujours..., j'espère que tu seras plus emballée que pour cette première lecture.
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Tu rejoins le commentaire d'Athalie sur "Nous avons toujours vécu au château", ça me donne du coup bien envie de découvrir ce titre car si je n'ai pas été conquise par "La maison hantée", je sens bien que cette autrice vaut le détour.
K
Pas trop mon truc et si en plus ce n'est pas totalement réussi...
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J'aime bien les ambiances gothiques mais là ça ne l'a pas vraiment fait.
A
J'avais été moi aussi déçue par ce titre, surtout que je l'ai lu après le fantastique "Nous avons toujours vécu au château" de la même autrice ! Fantastique dans les deux sens du terme !
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Oui, il semblerait que "Nous avons toujours vécu au château" plaît davantage que "La maison hantée". Au moins ça me laisse une bonne perspective de lecture pour le futur.