Emile Zola - La Curée

Publié le 14 Septembre 2025

Emile Zola - La Curée

Les Rougon-Macquart #2

J’avais lu La Curée au lycée et j’avais tellement détesté ma lecture !!! Il fallait vraiment que je me lance le défi de lire tous les RM dans l’ordre chronologique pour me frotter de nouveau à ce roman.

Et quelle surprise d’avoir cette fois-ci aimé ma lecture ! Ce roman s’apprécie sans aucun doute après quelques années au compteur.

Avec ce deuxième opus, nous quittons Plassans pour Paris dans les années 1850.

Aristide Rougon s’installe à Paris sans un sou mais avec l’espoir de faire fortune. Son frère aîné, Eugène, devenu ministre de Napoléon III, l’aide discrètement dans son ascension tout comme sa sœur Sidonie, une commerçante aux nombreuses relations et aux bras longs. Aristide Rougon devient Aristide Saccard, un nom où « on dirait que l’on compte les pièces de cent sous ».

Nommé à la mairie de Paris, Aristide va habilement spéculer sur cette capitale en plein travaux haussmanniens. Paris est ainsi découpée, dépecée par des chasseurs sans scrupule avides d’argent et de pouvoir (d’où le titre de Curée).

Toujours en quête d’argent frais, Aristide épouse en secondes noces la jeune Renée Béraud du Châtel. Cette femme dans une situation délicate est la détentrice d’une belle fortune et de belles propriétés. Oisive et capricieuse, Renée s’ennuie et va finir par succomber au charme de Maxime Saccard, son beau-fils. Zola nous rejoue ainsi le mythe de Phèdre d’ailleurs explicitement évoqué dans le roman. Paris n’est ainsi pas la seule à être sacrifiée par l’avidité des hommes… Renée aussi.

Avec cet opus, nous entrons de plain-pied dans cette branche des Rougon, cette lignée légitime mais tout aussi répugnante que celle des Macquart.

C’est le roman de la luxure, de la cupidité, des excès, des vices où se mêlent argent, pouvoir, inceste. C’est le symbole de la débauche d’une bourgeoisie et d’une aristocratie clinquantes. Zola accentue cet aspect par la description minutieuse des réceptions, des pièces de théâtre, des toilettes de Renée mais aussi par le lyrisme de la relation entre Renée et Maxime.

Mais surtout, ce qui rend la lecture si proche pour nous lecteurs du XXIe siècle, c’est que l’on a le sentiment que peu de choses ont changé. Nous sommes toujours dans la curée, à un niveau international cette fois-ci. Les chasseurs ont changé de visages mais les fusils sont les mêmes. Les victimes aussi.

À bientôt pour Le Ventre de Paris.

Emile Zola - La Curée
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N
J'ai essayé de faire une liste des titres dans l'ordre mais il semble que leur ordre de parution ne corresponde pas à l'ordre de lecture pensé par l'auteur... tu as choisi quoi ? Je ne vais pas m'y mettre tout de suite mais j'y pense...
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Non en effet il existe un ordre de lecture effectué par Zola après avoir terminé sa saga.<br /> Moi je suis l’ordre chronologique de parution : après tout c’est de cette façon qu’il a écrit donc…<br /> Certains ont inventé d’autres pistes de lecture. On peut se faire plaisir.<br /> J’ai choisi de faire dans l’ordre pour me « forcer » à aller vers des titres moins vendeurs de prime abord.
M
J'ai lu les Rougon-Macquart il y a longtemps, dans l'ordre. Un souvenir impérissable.
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I
J'ai découvert et apprécié ce titre adulte, je lis de temps en temps un des Rougon-Macquart qui a échappé a mes lectures adolescentes... Si tu le permets, je récupère ton lien pour l'activité que je co-anime à partir de demain autour des lectures urbaines.
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Oui, aucun souci, je n'avais pas pensé à l'intégrer dans ces lectures urbaines alors qu'on est en plein dedans !
K
Plusieurs blogueuses se lancent en effet dans la lecture chronologique des RM. Je les ai lus dans le désordre, sans y être obligée (j'avais dans la vingtaine, et hors lycée), et avais envisagé de tout relire dans l'ordre; Mais, heu.
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Quand on les a lu une fois, je pense qu'on n'a pas forcément envie d'y revenir (ou du moins pas dans tous les tomes). Là, je suis plongée dans le cinquième et c'est une certitude, je ne le relirai pas LOL