Guillaume Poix - Perpétuité
Publié le 11 Septembre 2025
Administration pénitentiaire
Ce roman a été le dernier livre lu pour le prix du roman Fnac et c’est clairement le préféré de ma sélection. Une vraie découverte et je ne m’y attendais pas. Je ne connaissais pas l’auteur et vu que c’était mon second roman de la sélection à parler de prison (après celui de Didier Castino dont je parlerais plus tard), je n’étais pas attirée. En toute honnêteté, je n’aurais pas pensé l’acheter en librairie. Et pourtant, j’ai plongé complètement dans cette nuit au cœur de la maison d’arrêt, en compagnie de ses surveillants pénitentiaires et de leurs détenus.
La nuit, l’ambiance est particulière : les surveillants sont peu nombreux, les prisonniers ne peuvent pas sortir de leur cellule. Mais, les imprévus, les angoisses lors des rondes, les problèmes de santé sont là. Cette nuit-là vient s’ajouter l’arrivée d’un détenu dangereux transféré d’une autre prison. La tension est palpable.
L’auteur décrit parfaitement la psychologie de ses personnages qui ont chacun leur voix propre. Il montre bien toute l’humanité et l’inhumanité du lieu et de ses « habitants » d’un côté ou de l’autre des grilles.
Les surveillants forment un corps quand bien même ils sont tous différents et ne se parleraient sans doute pas en dehors du travail. Un corps malmené par l’institution, par le regard que l’on pose sur eux. Un corps pourtant indispensable où le relationnel est tout aussi important que le respect des règles de sécurité. J’ai aimé les moments de dialogue entre eux, notamment quand ils partagent les repas ensemble. C’est d’une justesse folle.
Les détenus sont humanisés sous la plume de Guillaume Poix. Ça peut paraître un peu con de le dire parce que ce sont des êtres humains mais ils sont bien souvent réduits à leur statut de détenus, aux faits qui les ont conduits derrière les barreaux. Pas dans ce roman. On a toute la palette des relations possibles entre les surveillants et les détenus. On sent que l’auteur a vécu en immersion dans une maison d’arrêt, a pu discuter, a pu observer, a pu retranscrire l’impalpable.
L’écriture est excellente, oscillant entre le chirurgical et la beauté. Un très beau style qui ne s’embarrasse pas de fioritures mais qui fait mouche. Un chapitre a particulièrement touché en plein cœur, celui consacré au détenu Bachir Al Aloui. Ce chapitre condense tout ce qui fait la force et la beauté de ce roman, c’est un véritable modèle d’écriture.
C’est pour ce genre de découvertes que j’aime participer au prix du roman Fnac. Sortir des sentiers battus. Rencontrer une histoire, des personnages, un auteur.
Alors, n’hésitez pas à découvrir vous aussi ce roman.
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