Hélène Laurain - Tambora

Publié le 18 Mars 2026

Hélène Laurain - Tambora

Cataclysme

L’autrice ouvre son livre en comparant ses filles à des mégalopoles : elles grandissent, s’étalent, se construisent, font parfois peur par leur démesure, par ce mélange de silence nocturne et de grouillement diurne. Elles sont des êtres qui vont devenir autonomes.

Et pourtant, que de chantiers pour en arriver là ! Que de terrains engloutis en un clin d’œil !

Du passé, presque une tabula rasa. « Mais, il y a des traces ».

« Je me souviens de rien car je me souviens de tout ».

Les traces sont là pour rappeler les chantiers, les obstacles. Comme la fausse-couche qui aspire l’espoir, le silence autour, la culpabilité. Comment faire le deuil de ce qui n’a pas pu advenir ? Et ce terme – fausse couche – « Rien de faux pourtant. Rien n’a jamais été plus vrai ».

Et puis, il y a aussi la Grande et la Petite, celles qui sont advenues et chamboulent tout. Un quotidien comme un raz-de-marée, une éruption volcanique, un cataclysme… un Tambora, ce volcan qui a chamboulé le monde en 1815.

Et pourtant, comment décrire ces traces du quotidien ?

« […] ces phases, elles laissent des traces. Mais il est très difficile de retrouver les souvenirs ponctuels, insignifiants du quotidien ensemble […]. J’aimerais rendre la texture du quotidien ».

Une certitude cependant : « Ce que je veux pour mes filles, pour moi et mes semblables, ce sont des fictions-paniers, comme les définit Ursula K. Le Guin » qui est en exergue du livre.

En finir avec la fiction-épée, avec la fiction sur un individu. Promouvoir une fiction sur du banal, sur des territoires comme ces filles-mégalopoles. Montrer que ces fictions ont une force, un pouvoir. La maternité comme cataclysme dans une vie, dans un corps.

Pour parvenir à ce but, Hélène Laurain livre un roman hybride qui mélange prose, poésie, fiction et documentaire. L’autrice a l’art de mélanger l’intime et le collectif, d’unir autour d’un récit à la fois banal et extraordinaire, celui d’une femme qui donne la vie et porte parfois la mort ; d’une femme traversée par l’obscurité du monde, par les brèches de lumière du quotidien ; d’une femme à la fois une et multiple.

Et c’est beau. Et c’est fort.

Et c’est la vie en somme.

Publié dans #Roman

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K
Comme il existe en bibli, je pourrais tenter, mais rien ne presse
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L
j'ai une méfiance instinctive pour ce genre d'écriture.
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Si tu n'aimes pas les écritures hybrides, il vaut mieux en effet passer son chemin.