Małgorzata Lebda - Vorace
Publié le 11 Mars 2026
De la voracité de la mort
Maj, village isolé dans les montagnes des Beskides. La narratrice revient vivre chez ses grands-parents, sa seule famille après le décès de ses parents et de sa tante. Accompagnée d’Ann qui semble être sa compagne, la narratrice vient s’occuper de sa grand-mère Róza très gravement malade. La maison est un peu à l’image de sa propriétaire, elle est dans un sale état et le grand-père, impuissant face à la maladie de son épouse, déploie toute son énergie à la rénover comme si retaper l’une pouvait guérir l’autre.
Aux abords du village, la beauté de la nature, et notamment de la faune, explose mais devient également menaçante, surtout quand les hommes s’y mêlent. La nuit, des phares viennent éblouir les trois femmes : il s’agit des camions qui emmènent les bêtes à l’abattoir. La mort, vorace, rôde ainsi partout.
Dans ce premier roman à tendance autobiographique, Małgorzata Lebda nous montre avec poésie toute la fragilité de l’existence. Si « le deuil est vorace », la vie l’est tout autant et c’est ce que l’autrice met en lumière avec cette histoire de solidarité féminine et transgénérationnelle, ce rituel des soins et de l’accompagnement, cette trinité féminine belle et forte. Les chapitres sont courts et montrent tout le savoir-faire de l’autrice depuis des années dans l’écriture poétique. La prose est évocatrice, parfois lyrique et incantatoire. L’autrice joue avec les silences, les répétitions, la contemplation, sur les métaphores souvent cachées et pourtant bien présentes.
Un très beau roman découvert grâce à mon amie Geneviève que je remercie chaleureusement.
Traduit du polonais par Lydia Waleryszak.
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