Murata Kiyoko - Quand dansent les oiseaux

Publié le 13 Février 2026

Murata Kiyoko - Quand dansent les oiseaux

Irréductibles ama

C’est à l’occasion des funérailles de Haebaru Nao-san qu’Umiko quitte le continent – l’île de Kyûshû – pour se rendre sur l’archipel où vivent sa mère Io-san, quatre-vingt-douze ans et son amie Someko-san, quatre-vingt-huit ans. Les deux femmes sont des ama, ces plongeuses en apnée qui récupèrent des fruits de mer et coquillages, notamment des ormeaux. Malgré leur grand âge, elles mènent une vie à la fois simple et rude, en harmonie avec la nature mais aussi avec des rituels ancestraux comme les prières ou encore la danse des oiseaux censée éloigner les typhons.

Umiko souhaite que sa mère quitte son île pour la rejoindre sur le continent mais il en est hors de question pour Io-san qui incite d’ailleurs sa fille à partir rapidement après les funérailles. Umiko va cependant rester plus longtemps que prévu et redécouvrir cette vie insulaire qu’elle a quittée, ses avantages et ses inconvénients. Le lecteur découvre lui aussi les difficultés pour gérer ces îles qui sont désertées, difficultés aussi bien financières que sécuritaires, sans compter les besoins primaires des habitants à satisfaire (comme le ravitaillement ou les soins médicaux). Le lecteur voit aussi l’attachement féroce des deux petites vieilles à leur « caillou », acceptant aussi bien les dons du ciel ou de la mer que les coups du sort comme leurs époux pêcheurs emportés par les flots, les typhons ou leur proche décès.

Une vraie réflexion sur la vie et ce que l’on en fait émerge sans pour autant que l’autrice nous assène des vérités. Le tout est servi par une écriture contemplative, poétique qui berce comme les vagues ou nous emporte comme le vol des oiseaux.

Traduit du japonais par Catherine Ancelot.

Publié dans #Roman

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K
A tenter avec la médiathèque, qui en possède plusieurs de l'auteure...
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Très belle idée d'aller piocher à la médiathèque, ça permet de tenter le coup et voir si ça plaît.
A
Le grand âge, une île, un mode de vie préservé .. Un roman qui pourrait tout-à-fait me convenir.
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Oui, et j'ai aimé la façon dont on montre aussi la difficulté de maintenir des habitants sur ces îles ; les enjeux, les défis.
F
Ça semble une lecture bien apaisante. Je n'ai toujours rien lu sur les ama japonaises alors qu'il existe quelques ouvrages sur elles dont des BD je crois, mais j'ai lu sur leurs équivalentes coréennes, les haenyeo.
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Pour le coup, je n'ai jamais rien lu sur les haenyeo mais je connais un peu moins bien la littérature coréenne (mais je poursuis doucement mon exploration).
L
j'aime bien le sujet, j'espère que l'écriture poétique japonaise ne me gênera pas .
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C'est vrai qu'on adhère ou pas à l'esthétique. Je le trouve néanmoins bien plus accessible que d'autres ouvrages.