Andrea Thominot - Depuis quand les oiseaux

Publié le 30 Août 2026

Andrea Thominot - Depuis quand les oiseaux

Métamorphoiseau

Tout commence avec des milliers d’oiseaux « qui s’accaparent le ciel »,

Des milliers d’oiseaux « à la place des arbres / partis depuis longtemps / les arbres calcinés arrachés asphyxiés ».

C’est ironique quand on sait que les oiseaux sont de moins en moins nombreux, année après année.

Les miroirs se brisent, les masques tombent.

La parole est répétée puis disparaît.

« ils sont arrivés dans la nuit

et ont mis le monde à l’envers ».

Dans ce long poème narratif, les oiseaux n’attaquent pas les humains comme dans le film d’Hitchcock.

Non, les oiseaux obligent les humains à se regarder en face, pour de vrai.

C’est pourtant difficile quand on donne le même visage, uniforme à tout le monde.

Le monde du travail, capitaliste, réduit les personnes à des corps sans visage, à des bras, à des gestes.

On s’adapte, on fait des efforts, on change de personnalité… mais rien n’y fait…

On s’ennuie, on tourne en rond, on ne trouve pas le sommeil… on erre… sans but, sans visage.

Les oiseaux sont des milliers à rappeler que l’homme est en cage, aliéné, avec une liberté apparente.

Les oiseaux amorcent la métamorphose.

« depuis que les oiseaux sont là,

Tout se dérègle à merveille » :

C’est ironique quand on sait que c’est l’Homme qui dérègle.

Les oiseaux permettent de retrouver une normalité, de mettre de côté, d’oublier l’avant.

L’espoir d’un changement, d’un renouveau se fait jour :

« et lentement

pas trop vite

nous tentons de refaire

recommencer la langue

comme on construit un nid

mot par mot

lentement ».

Mot par mot, lentement, Andrea Thominot recommence notre monde, tente de lui trouver un nouveau langage, où les oiseaux et les hommes, les hommes entre eux se font la paix, s’ouvrent, tentent un avenir désirable.

Et même si on ne peut pas refaire le monde,

« on peut déjà faire mieux avec ce qui est là ».

Publié dans #Poésie, #Ecologie

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