Publié le 5 Octobre 2026
All the promises we made
Cora a quatorze ans au milieu des années 90. Elle vit en Ecosse, à Muircross qu’elle décrit comme « un pauvre trou à rats miteux, isolé sur une excroissance de cône en forme de chicken nugget, entouré de pylônes et bourré de zonards, de vioques et de goélands gros comme des planches à repasser qui chiaient absolument partout ».
Cora, vous le constatez, n’a pas sa langue dans sa poche. Adolescente difficile, parfois hors de contrôle, elle est sans filtre, parfois jalouse, injuste.
À Muircross, Cora vit seule avec sa mère handicapée et passe le temps en squattant un peu partout avec Jo, jeune fille plus âgée qu’elle. Elle rêve de partir pour une vie meilleure, à Abbotscraig où sa mère a fait une demande de logement social, voire Glasgow.
Un jour, sa mère lui présente son nouveau petit ami, Gunner, qui vit de trafics de marchandises. Cora a l’habitude de voir défiler les mecs chez elle mais Gunner semble vouloir l’amadouer. Cora se méfie, Cora ne veut pas baisser la garde, Cora se retrouvera cependant malgré elle à devoir composer avec Gunner quand un événement arrive.
Les années passent, le mal-être persiste et l’avenir, que Cora souhaitait radieux, a du plomb dans les ailes…
Ici, maintenant est un premier roman et pourtant, on remarque immédiatement un ton, un style. C’est à la fois féroce et drôle. On est vraiment dans ce que j’aime dans la littérature britannique : ce côté social et caustique. La narration est classique mais fluide, bien amenée.
Tom Newlands livre le « portrait d’une jeune fille en feu », à différents âges et dans différentes villes. Une jeune fille survoltée, épuisante aussi bien pour son entourage, pour elle-même que pour le lecteur. Je pense que l’auteur a voulu qu’on vive tout à fleur de peau comme l’héroïne avant de dire son problème et engendrer de la sympathie. Je trouve cependant que ça arrive un peu tard.
Le roman permet aussi de dresser le portrait social du Fife écossais des années 90 où la pauvreté est omniprésente dans cet ancien comté minier. Même si le milieu décrit est très pauvre, il n’y a pas de misérabilisme.
Un premier roman saisissant, touchant. S’il poursuit sur ce chemin, l’auteur ira loin.
Traduit de l’anglais par Marguerite Capelle et Anatole Pons-Reumaux.
/image%2F7084934%2F20250126%2Fob_10b2e4_couverture-blog.jpg)
/image%2F7084934%2F20260821%2Fob_97f0d1_tom-newlands.png)