Publié le 12 Avril 2026
Habiter
Tout commence il y a cent soixante millions d’années. Un monde se créé. Une faune et une flore se créent.
Et puis, d’un coup, une lettre.
Le père qui met en vente la maison de la grand-mère où vit Emily et sa chienne Loyse.
Pendant tout le roman, Pauline Peyrade est sur une ligne de crête, entre deux définitions d’une maison et de ses habitant(e)s.
La maison-mère : la maison Terre et toutes les vies qui la compose ;
La maison où vivent Emily et toutes ces vies qu’elle voit, avec qui elle forme un écosystème.
Pour la narratrice, il n’y a pas de frontière, de fracture entre ces deux maisons. Emily est comme Emily Brontë (en exergue du roman avec Monique Wittig) ou encore Emily Dickinson : le monde intérieur et le monde extérieur ne font qu’un.
Et ces lettres qui vont et viennent. De plus en plus nombreuses. De plus en plus oppressantes et menaçantes.
Cependant, Emily résiste et avec elle, la langue de Pauline Peyrade. Elles posent cette question essentielle : qu’est-ce qu’habiter ?
Est-ce posséder le lieu comme l’impose violemment cette figure paternelle, patriarcale ?
Ou est-ce simplement porter une attention, avoir une écoute, comme les femmes de ce récit, humaines ou non humaines ?
Les hommes qui possèdent, les femmes qui transmettent.
Tout est une question de regard.
Tout est une question de valeurs (et de la définition que l’on donne à ce mot).
Un roman tellurique un peu déroutant dans sa forme mais qui tente, expérimente. Avec ou sans succès, selon la sensibilité du lecteur. Au moins, il donne à voir, à réfléchir. Il donne à vivre.
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