Publié le 28 Octobre 2026
Traumatismes infantiles
Ça faisait un moment que je voulais découvrir Rivers Solomon. Aimant beaucoup les histoires de maisons hantées, j’ai jeté mon dévolu sur le dernier opus de l’auteurice, Model Home, et je ne le regrette pas !
Ezri Maxwell et ses sœurs Eve et Emmanuelle ont vécu leur enfance dans une grande maison d’un quartier huppé d’Oak Creek au Texas. Très rapidement, à peine adultes, les trois E fuient la maison familiale pas si paisible…
Ce n’est que lorsque leurs parents ne donnent plus de nouvelles qu’Ezri et ses sœurs reviennent affronter ce qui les a traumatisés : l’hostilité des voisins blancs, sous des faux airs de bienveillance, vis-à-vis de cette seule famille noire mais surtout l’hostilité de cette maison.
Ezri, qui habite maintenant en Angleterre, effectue son retour avec sa jeune ado Elijah alors même qu’iel n’a pas su faire la paix avec sa propre mère. C’est sans compter sur la culpabilité et les relations parfois tendues avec ses sœurs.
Rivers Solomon alterne son récit entre le présent et ce passé qui ne passe pas pour les Maxwell avec une grande habilité. Iel joue aussi entre un narrateur omniscient et le point de vue d’Ezri. Comme souvent avec les histoires de maison hantée, ce sont surtout les ressorts psychologiques qui font tout. Dans Model Home, Rivers Solomon aborde de façon crue les traumatismes psychologiques liés à l’enfance mais aussi liés à une société qui exclut. Malgré les nombreux thèmes abordés comme le racisme, l’identité de genre, les relations mère-fille, la santé mentale, l’auteurice sait nous attraper dans son récit sans nous perdre. Je n'ai pas pu lâcher ma lecture malgré des passages un peu dérangeants (je pense notamment à une scène de sexe assez flippante). Mais surtout, ce qui m’a beaucoup plu c’est que les ressorts narratifs surnaturels finissent par avoir une explication plus rationnelle et j’aime cette idée du réel qui est parfois bien pire que ce que l’on peut imaginer. La fin est mon seul bémol : je l’ai trouvée trop convenue.
Une bien belle découverte qui me donne très envie de lire les précédents ouvrages de l’auteurice.
Traduit de l’anglais par Francis Guèvremont.
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